En 2015, pour sa Quinzaine de l’égalité femmes hommes, la Région Rhône-Alpes nous avait demandé de réaliser un entretien filmé de Françoise Héritier.

 

Dans son appartement parisien, elle avait d’abord donné l’impression d’être épuisée par la maladie et par l’âge. Puis, au fil de la conversation portant sur ce qui l’avait amenée à s’engager pour défendre la cause des femmes, combat auquel elle n’avait jamais renoncé, elle s’était comme éveillée, faisant montre d’une joie soudaine, affichant des convictions aussi solides qu’un roc, malicieuse dans son verbe et dans ses yeux. Elle était persuadée que les avancées en faveur des droits des femmes, amorcées au XXe siècle, ne se tariraient pas. Peut-être y aurait-il un faible mouvement de balancier, concédait-elle ! Mais pas plus.

 

Et cette déclaration tranquille avait quelque chose de rassurant dans ce monde où une femme doit encore en faire beaucoup plus pour recevoir la même considération qu’un homme ! Mais elle avouait aussi que la solitude finit par accompagner les femmes qui refusent toute forme de domination masculine en chaque instant de leur vie, la solitude en rançon de la liberté et de l’égalité. Françoise Héritier est morte ce matin.

 

Elle laisse la fabuleuse histoire d’une petite fille des années trente, émue par l’injustice qui frappait les femmes des campagnes d’Auvergne et devenue plus tard l’une des plus exceptionnelles anthropologues de tous les temps.

 

Muriel Pernin

 

Voici le lien de l’interview que nous avions réalisé avec elle : https://www.youtube.com/watch?v=9J6tWLH-T18