Tout le monde parlait de la nouvelle émission de M6. D’autant plus fort que le boss, à la jolie réputation, est lyonnais. Faut-il faire de la téléréalité sur le chômage ? Les agitateurs de morale sociale se sont emparés du sujet sans avoir rien vu ! De bonne guerre dans une France commentatrice de tout. Et pourquoi pas ? Mais, en définitive, le sujet n’est pas là. Les concurrents affichent un tel goût pour la compétition que la question du moyen utilisé pour trouver un job est secondaire. Qu’ils soient débarqués ou retenus, le téléspectateur ne s’inquiète pas trop pour leur avenir professionnel.

Ce qui est horripilant, c’est ce niveau zéro des relations dans l’entreprise et, pire encore, les clichés sexistes qui sont légions. Des équipes « femmes » ou « hommes », ce qui ne contribue au partage des approches. Puis une flopée de commentaires et de glissements de langage sur les « filles qui gagnent des affaires en minijupe » ou sur « les garçons qui ne savent pas repasser ». À chaque phrase, on se pince de tant d’indigence. C’est comme si autour d’eux la société n’avait pas changé !

En revanche, les cas d’étude et la manière qu’ont les équipes de s’organiser pour gagner leur défi d’entrepreneur en disent plus que tous les discours éducatifs sur le management, le commercial ou le financier dans une entreprise. Tout décideur reconnaît les erreurs qu’il a commises ou vues commettre dans sa carrière. Le bénéfice pédagogique est réel… dès lors qu’on arrive à dépasser l’effet produit par tant de stéréotypes.