Suffirait-il d’imaginer l’avenir pour se prémunir des dérives du progrès ? Avec le deuxième livre de Bug (Casterman), Enki Bilal s’aventure un peu plus loin dans un monde entièrement numérique qu’une panne gigantesque condamne soudain à sa perte. En une fraction de temps, une société étourdie de technologie se retrouve obsolète en tout. Les cœurs des « transhumains » reliés à des sondes numériques s’arrêtent, les journaux affichent des pages truffées de fautes à cause des correcteurs d’orthographe en panne, les véhicules de transport ne fonctionnent plus hormis quelques vieux tromblons mécaniques que personne ne sait plus conduire, les jeunes dénumérisés incapables de vivre sans écran se suicident. Seuls les octogénaires ont la mémoire du faire. Nous sommes en 2041 et 2042 et un homme, frappé d’hypermnésie, conserve en lui presque par enchantement toutes les données numérisées et perdues de l’humanité. Au delà du récit qui s’appuie sur des illustrations futuristes, Enki Bilal interroge nos aveuglements d’aujourd’hui. De quoi aiguiser la réflexion sur l’hyperdigitalisation et ses conséquences vraisemblables… ou probables !