Happycratie

C’est le titre d’un livre écrit par Edgar Cabanas et Eva Illouz (Premier Parallèle, 2018). Le psychologue et la sociologue dénoncent la tyrannie du bonheur. Être bien tout le temps, voilà qui frise la tyrannie. Le mot nouveau réunit « happy » (heureux en anglais et surtout titre du tube mondial de Pharrell Williams) et Kratos (dieu grec personnifiant le pouvoir). Le néologisme met en garde contre l’illusion du bonheur absolu : d’une part, parce que le propre des êtres humains est d’apprendre à vivre leurs peines, d’autre part, parce que ce tropisme fait surtout les beaux jours des marchands !

Quand l’affiche dame le pion du numérique !

BIEN VU, c’est le nom d’une campagne de Clear Channel France. Elle démontre que l’affichage a encore quelques belles heures à vivre. Grâce à un jeu typographique, l’utilisation du noir et blanc et des messages humoristiques, la régie publicitaire confirme l’importance du media de rue (ou Out-Of-Home). Une affiche, on le sait, exige la plus grande créativité. Elle agit en effet «le temps d’un regard », comme l’explique Tashi Bharucha, directeur de la création. Elle doit donc faire vite et bien ! Diffusée pendant une semaine dans les 50 plus grandes métropoles françaises, la campagne a été vue par 25 millions de Français. Le chiffre se passe de commentaires ! https://bit.ly/2OHsUqb

Plogging

Une bonne action en courant ? C’est possible avec le plogging ! Le mot vient de la contraction du suédois plocka upp (ramasser) et de l’anglais jogging (en courant). Le ploggeur est celui qui profite de sa course pour enlever les déchets de l’espace public. Cette pratique, alliant sport et citoyenneté, rencontre un fort succès. À voir les nombreuses photos publiées avec #plogging ! Alors à vos baskets : un run en plus = un déchet en moins !

Design et développement durable

L’écobranding, quésaco ? Ce nouveau concept réduit l’impact environnemental dans la création graphique. Impossible, diriez-vous ? Sylvain Boyer et Martin Caro Lassalle, directeur de création et directeur artistique chez Interbrand, ont réalisé ce pari pour Citéo, anciennement Eco-Emballages. Tout le design de l’entreprise de collecte et de recyclage a été pensé pour limiter la quantité d’encre. Résultat ? Un logotype important mais évidé, des illustrations épurées avec des traits discontinus, des images détourées sans aucun aplat de couleur. Et ça vaut aussi pour le digital avec des fichiers à faible poids numérique. www.citeo.com

Fobo

Trop de choix rend fou ! Voilà un acronyme « Fobo » pour désigner une maladie nouvelle découlant de la profusion de solutions ou d’objets… et par conséquent de l’hypercommunication qui les accompagne. Car comment se déterminer face à tant de propositions au marketing toujours plus alléchant sur des réseaux toujours plus rapides ? Si vous hésitez de plus en plus souvent, incapable de vous prononcer pour une chaise haute ou basse, rouge ou bleue, en bois ou en métal, alors vous êtes victime de Fobo (fear of better option / littéralement effrayé par la meilleure solution) ! Pour autant, en cette rentrée, tentez de rester zen face à cette phobie du choix : elle se soigne fort bien avec, par exemple, un peu de diète digitale !

Rien que l’essentiel

Quand un charpentier parle d’épure, il décrit une technique de dessin en trois plans pour réaliser une charpente. Par extension, est qualifiée d’épure toute œuvre représentée en quelques lignes. En ces temps de profusion – trop d’objets, trop de messages, trop de com -, ce style minimaliste séduit. C’est le parti pris de l’agence TBWA pour cette marque américaine bien connue de restauration rapide : un visuel épuré et un logo version bonsaï.

Déconnexion

Qui dit « été », dit souvent « vacances », dit aussi « déconnexion ». Le mot signifie « coupure », ce que sont, depuis leur création, les congés payés. Au regard du lien fusionnel que nous entretenons avec les supports du virtuel, le terme à connotation informatique sous-entend aussi abstinence numérique. Par extension, il se fait plaidoyer pour une (re)connexion au monde réel et aux liens sensibles.

Coder pour créer à l’infini

Inventer des formes grâce à des algorithmes numériques : c’est l’idée du design génératif. Le code (langage informatique) génère seul des identités visuelles. Après les artistes et les architectes, les graphistes déclinent ainsi leurs créations à l’infini. C’est la prouesse de l’agence Elmwood pour le cabinet de recrutement Craft. Une nouvelle connexion au site web… Et hop un nouveau design ! Faites-le test ! http://craftagency.co.uk

Glamping

Rappelez-vous Karen Blixen (Meryl Streep) et Denys Finch Hatton (Robert Redford) dans Out of Africa lorsqu’ils plantent la tente 5 étoiles en brousse ! Ils font du glamping, un cam[ping] [glam]our en un lieu insolite, en communion avec la nature, loin des foules bien sûr, avec le confort raffiné d’un palace. Le concept ainsi nommé en 2007 par une fermière américaine promeut un tourisme a priori écoresponsable. En yourte ou en roulotte, au sol ou dans les arbres, cette pratique qui connaît un bel essor est une sacrée invention marketing. Même si elle ne tient pas toujours ses promesses environnementales ! Et même si son nom, qu’on apprécie ou non les néologismes, s’avère difficilement prononçable !

Les gifs : l’émotion animée

Sur Instagram, Facebook, Twitter, WhatsApp… ces animations à mi-chemin entre image fixe et courte vidéo connaissent une seconde jeunesse avec la multiplicité des écrans. Les premiers gifs remontent à 1987 : séquences extraites de films ou images qui tournent en boucle et invitent à sourire. Les adeptes – souvent jeunes – d’un langage court et illustré utilisent les gifs pour diffuser un sentiment, là où les mots sont trop longs ou insuffisants. Les marques s’en emparent pour humaniser leurs publicités… et profiter de leur viralité. En interne ou à l’externe, mettez des gifs dans votre com !

Bleu

Un jour, les « Tricolores », appellation commune pour désigner l’équipe de France de football, deviennent les « Bleus ». C’est un peu après 1976, Saint-Étienne vient tout juste d’arriver en finale du championnat européen. Si les célèbres « Verts » échouent face à Munich, ils impriment leur couleur dans l’histoire footballistique française. De là à glisser d’un « Allez les Verts » à un « Allez les Bleus », il n’y a qu’une passe ! C’en est fait pour le Mondial de 1978 où le surnom de la sélection française emprunte la teinte des maillots… bleus depuis 1919 !

Mini logo pour petit écran

Surfez sur le web depuis un smartphone et une tablette : voilà qui change la vie ! Y compris celle des marques ! Comment garantir aux internautes la lisibilité d’un logo sur un écran « made in Lilliput » ? Facile : on l’ajuste ! C’est pour s’adapter à ces « mini fenêtres » de la toile qu’est né le logo responsive. Plus petit, il se déleste de quelques artifices. Ainsi il se simplifie cohabitant avec son grand frère moins édulcoré qui lui sévit en print et sur ordi. Une transformation graphique et digitale que Joe Harrison, designer britannique, présente sur responsivelogos.co.uk

Bienveillant

Le mot n’a pas changé de sens depuis ses origines. En latin, il qualifiait l’état ou l’action de celui qui « voulait le bien », ce que le Moyen Âge en ancien français a confirmé !  Est bienveillant un acte qui tend à témoigner du respect, de la compréhension voire de la gentillesse. Autrefois, il pouvait justifier des relations entre le maître et ses valets. Ainsi un prince bienveillant dirigeait sa domesticité avec humanité. Aujourd’hui, le terme est partout venant atténuer la rudesse d’une société qui a accouché du « burn out » — donc plutôt malveillante — mais qui, dans le même temps, rêve d’épanouissement personnel. Peuvent être bienveillants : le management, une critique, une politique… et même une banque ! Réalité, méthode Coué ou travestissement de la réalité ? Le XXIe siècle n’est pas avare de paradoxes !

Pantone 18-3838 : la couleur 2018

Pantone donne le ton ! Après les teintes pastel en 2016 et le vert en 2017, une couleur vive s’impose en 2018 : l’ultraviolet, symbole de la contre-culture et de la non-conformité. Par son mélange de bleu et rouge, il pousse loin les frontières de l’artistique, comme le cosmos qui est sans limite… Célébré par Prince (et son mythique Purple rain) ou David Bowie sur la scène pop, il souligne la créativité, l’imaginaire…Bref, il invite à oser !

Proprement original

Ça alors ! Les entrailles de l’Unité de Valorisation Énergétique Isséane d’Issy-les-Moulineaux servent de décor à un spectacle original* sur fond de concrétions carton et plastique. David Wahl, écrivain, comédien et metteur en scène déroule son « Sale discours » ou plutôt une « causerie » personnelle sur le propre et le sale, le sain et l’insalubre, l’utile et le déchet.  Dans une dramaturgie — aussi dépouillée qu’haletante —, le texte de toute beauté se faufile dans l’histoire de l’humanité, de la cuisine aux fosses d’aisance, des ruelles d’un Paris médiéval à l’industrie du recyclage, de soi aux autres ! Prochaines dates sur davidwahl.fr 
*Sur une initiative du SYCTOM

Disruption

Voilà un mot, d’origine latine, qui n’était plus utilisé et qui, par le lexique anglo-saxon du management, a opéré un brutal retour en scène. À l’origine, il signifiait rupture. Puis il a désigné les conséquences d’un grand chambardement comme l’effet du Vésuve à Pompei ou du tsunami à Fukushima. En 1994, l’agence mondiale de communication TBWA le dépose pour identifier sa marque créative. Aujourd’hui, le mot est dans tous les commentaires du monde des affaires et de la politique. Est disruptif celui qui tout en donnant un bon coup de pied dans la fourmilière prend le pouvoir sans en laisser la moindre miette aux autres ! Comme tous les mots dont on se gargarise, il tend à perdre de sa superbe… pour n’incarner quelquefois qu’un malheureux saut de puce.

MERCI !

Aux petites filles, il faut des modèles de femmes à la vie exemplaire pour qu’elles se projettent elles aussi dans la réussite et la responsabilité. Simone Veil a été cette inspiratrice en chaque séquence de sa vie. Pour les petits garçons aussi ! Féministe. Européenne. Libre. Au soir de sa mort, le 30 juin 2017, beaucoup ont dit le courage, la pugnacité, l’élégance dans un parcours d’exception. Sur les images qui marquent les moments de sa vie, on se demande : à quoi pense-t-elle ? Quand elle rentre des camps d’extermination nazis ? Quand elle demande à son mari de pouvoir travailler et que, d’abord, il dit non ? Quand elle entend les invectives, elle ministre présentant sa loi sur l’interruption volontaire de grossesse, face à cette assemblée masculine où beaucoup, pas tous, mais beaucoup, manquent de décence ? Quand elle devient la première femme présidente du Parlement européen ? À quoi pense-t-elle elle la combattante à l’indépendance inaliénable ? A quoi ou à qui ? Car Simone Veil, au destin tout lumineux soit-il, est aussi une femme que la vie n’a pas épargnée. Deuils. Séparations. Tragédies. Autoritaire, parfois. Tellement humaine aussi. C’est le magazine Elle qui, entre les paragraphes d’un éloge mérité, glisse combien elle aimait les boucles d’oreille. Détail simple, presque anodin, d’une vie comme les autres et que l’Histoire d’ordinaire ne retient pas. Il n’en fait que plus aimer cette femme à qui la France doit tant. Elle aurait eu 90 ans ce 13 juillet.
Précision : la photographie de cet article est empruntée au film Simone Veil, une histoire française de David Teboul (2004). L’image a été prise lors de la diffusion sur France 3.

Oh ! Secours…

Oh ! Secours… est une réalisation du Teatro del Silencio diffusée lors des Invites de Villeurbanne en ces premiers jours de l’été 2017 et inspirée par « Beckett et Godot » du dramaturge chilien Juan Radrigan. Ces personnages aux visages outrageusement maquillés et souvent glabres traînent leurs misères dans un monde violent dans des vies faites de doutes et d’errance. Le mime, le cirque, la danse et la musique traduisent leurs sentiments  avec un langage du corps dont les contorsions et le mouvement remplacent les mots. Des compositions aussi théâtrales qu’émouvantes.

Le sourire des candidats

Aaaahh le dur exercice des affiches électorales ! Au delà de nos convictions personnelles, nous portons sur les affiches notre regard de communicant. Il y aurait beaucoup à dire ! Mais concentrons-nous sur les expressions. Sourire ou pas sourire ? Un premier constat : tous ont le début d’un sourire au coin de la bouche. Certains l’ébauchent, de manière plus ou moins crispée, gage de sérieux mais cependant avenant pour une image présidentiable. D’autres ont un sourire presque naturel, humanisant les candidats. D’autres enfin font le choix du sourire à pleines dents, pour augmenter leur capital sympathie et adoucir leur image… quitte à paraître un peu forcés. Alors, le sourire assure-t-il la victoire ? Dites ouistiti ! Nous le saurons dans quelques jours…

Un fleuve égal à l’homme

C’est une première ! La Nouvelle-Zélande vient d’accorder au fleuve Whanganui le statut de personnalité juridique. Ses droits devront être respectés comme pour un humain. Le fleuve ne pouvant pas se pourvoir en justice seul, tout citoyen pourra le faire à sa place en particulier pour le préserver des pollutions et des destructions.

Un Noël tout com’

Que fait un graphiste à Noël ? Eh bien, il met des boules Pantone sur son sapin, il boit un thé à la cannelle dans un mug Rose Quartz & Serenity, les deux nuances de l’année, et il savoure du chocolat Adrian Frutiger, du nom de la célèbre typographie… et surtout il se détend pour ne pas penser au travail !

2017, couleur vert espoir

Pantone vient de dévoiler la « color of the year » qui donnera le ton à une année de création dans la mode, le design, la décoration… et la com’ ! Finis le rose Serenity et le bleu Quartz — so 2016 ! —, le vert Greenery prend la relève. Directement inspiré de la nature, il insuffle fraîcheur et espoir après une année tourmentée sur tous les fronts : « Greenery satisfait notre besoin grandissant de régénération et de revitalisation, il symbolise la reconnexion avec la nature et les autres », explique-t-on chez Pantone. Ici, on y croit ! Allez les verts !

Do you speak emoji ?

Dans les sms, sur snapchat, sur les tee-shirts, les tote-bags, partout. Quand on ne sait pas dire, pour nuancer un propos écrit, pour faire joli, tout le temps. Au delà des simples smileys (content / pas content), les emojis affichent des saynètes, des objets, des lieux. Pour coller aux évolutions de la société, ils ont été féminisés, notamment dans la représentation des métiers. Ils sont blanc ou métissés, hétéros ou gays pour montrer la diversité. Un phénomène qui inspire les communicants : le portail choisirlartisanat.com propose un moteur de recherche avec des emojis. Les marques aussi s’y mettent : Monoprix avec sa gamme de produits, Yves Saint Laurent et ses Ymojis glamours, les magasins Sephora ou encore la ligne de vêtements Comme des garçons. Belle astuce pour s’inviter dans les smartphones, et donc la vie, de tout le monde, notamment les jeunes !

 

monoprix