Azerty, pour la vie

Jan 26

Disparaîtra ou disparaîtra pas ? Depuis quelques jours sur twitter, les claviers chauffent pour défendre le modèle azerty, soi disant menacé de disparition. Selon le ministère de la Culture, il serait impossible d’écrire correctement en français avec le clavier actuel. Si les Espagnols ont une touche dédiée au ñ, il est vrai que nous, Français, devons réaliser un grand écart du bout des doigts pour faire le E dans l’A, l’E dans l’O, les cédilles et autres capitales accentuées.
C’est à l’Afnor que revient la lourde tâche d’inventer une nouvelle organisation des touches sur les claviers d’ici à 2017. A priori, l’ordre des lettres ne changera pas, seule l’ajout de nouvelles fonctionnalités devraient voir le jour. Un clavier absolument français adapté aux particularités de la langue, pourquoi pas. Mais le problème de l’orthographe — sur Internet en particulier — n’est-il pas d’abord un problème d’orthographe en général ? Un nouveau clavier fera-t-il disparaître les « sa va » ou les « tkt » ?

Machos, les banques d’images

Jan 06

« Femmes + rugby » : c’était notre requête sur une banque d’images, ce matin. Nous cherchions une photo montrant des sportives soudées, animées par un fort esprit d’équipe. Premier grincement de dents : quand on tape « femmes » dans la barre de recherche, les premières propositions sont « femmes nues », « femmes charme » et « femmes shopping ». Une fois ce premier agacement passé, qu’avons-nous trouvé ? Des pages de clichés. Beaucoup de pom-pom girls en bikini, très peu de joueuses en crampons. Pourtant, des femmes qui jouent au rugby, ça existe. Pourquoi ce décalage entre la réalité et ce qu’on voit sur ces sites ? Sur internet, des blogs tournent en dérision les sourires Colgate et les mises en scènes farfelues des photos de banques d’images… au point que certaines — comme Getty Images, selon un article de Slate — ont commencé à diversifier leur stock : des papas cools qui s’occupent de bébé, des working women qui dirigent une réunion, des couples homosexuels avec un enfant… C’est un premier pas, mais il y a encore du boulot !

Hashtag Noël dans la vraie vie

Déc 21

Dans l’édition du 18 décembre du quotidien 20 minutes, on nous explique comment ne pas passer pour une dinde sur les réseaux sociaux à Noël. À grand renfort de hashtag #DindeCramee #MamyChante, l’article nous donne les ingrédients d’un réveillon presque parfait sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, mieux vaut privilégier le storytelling, avec une intrigue, un climax et une résolution, un peu comme dans les séries américaines. Sur Instagram, le dosage est plus délicat, entre second degrés humoristique et jolis moments attendrissants. Sur Twitter, carte blanche pour dénoncer le merchandising et pester avec cynisme.

Vrais sous le sapin, ces conseils judicieux le sont aussi le reste de l’année. Bien observé, donc. Le hic ? On s’amuse un peu moins à table quand tout le monde a le nez rivé sur son écran. Vivre la magie de l’instant présent, sans la lumière bleue des écrans sur les visages, ça a aussi son charme. On essaie ?

La vie en rose Serenity et en bleu Quartz

Déc 07

Et le titre de la couleur 2016 revient à…. (roulement de tambour, mains moites, cœur qui bat) Serenity et Quartz ! Chaque année, la marque Pantone — référence planétaire de la nuance — annonce LA couleur trendy du moment. Après le rouge Marsala en 2015, l’entreprise américaine a surpris son monde le 3 décembre en décernant le titre du Pantone 2016 à, non pas une, mais deux teintes. Pâles mais lumineux, un tantinet « layette » mais pas délavés, le bleu Serenity et le rose Quartz inspirent tranquillité, bien-être et paix intérieure, selon le Pantone Color Institute. Des valeurs qui arrivent à point nommée après une fin 2015 troublée. Déjà bien présentes en déco, les deux teintes s’invitent sur les défilés de mode, s’enthousiasment déjà les journalistes mode de Glamour… et demain peut-être dans les créa graphiques.

Elle met le monde debout en restant assise

Déc 01

Son « non » a changé le visage de l’Amérique et marqué un jalon dans l’histoire de l’égalité.
Le 1er décembre 1955, dans une ville de l’Alabama, Rosa Parks refuse de céder sa place à un Blanc dans le bus, alors que la loi l’y oblige. Son explication : « j’étais vraiment fatiguée après cette journée de travail. Mon travail, c’est de fabriquer les vêtements que portent les Blancs. Ça ne m’est pas venu comme ça à l’esprit, mais c’est ce que je voulais savoir : quand et comment pourrait-on affirmer nos droits en tant qu’êtres humains ? ».
Aujourd’hui, 1er décembre 2015, l’anniversaire de ce « non » historique se fait discret dans l’actualité (on aurait aimé un Doodle !)… nous avons voulu réparer cet oubli !

Espoir

Nov 16

Les jours suivants.

Souffle d’espoir

Nov 15

Le jour d’après.

Désespoir

Nov 14

13 novembre 2015

Les dessous d’un plan com « royal »

Oct 19

Derrière ce tableau de la retrospective Elisabeth Vigée-Lebrun au Grand Palais se cache l’une des premières stratégies de l’histoire de la communication…

Le brief : nous sommes en 1787. Fashionista invétérée, frivole et impopulaire, la reine Marie-Antoinette veut redorer son image auprès du peuple qui la méprise. La portraitiste Elisabeth Vigée-Lebrun est appelée en grand renfort pour peindre ce démenti grandeur nature aux critiques de l’époque.

L’analyse : volage ? La reine ne l’est plus. Elle a délaissé les folies de Trianon pour prendre la pose dans un décor sévère et officiel. Croqueuse de diamants ? Sur le tableau, elle n’en porte pas un seul. Fan de shopping ? Les falbalas extravagants des précédents portraits ont laissé place à une tenue sobre et monochrome. Nymphomane ? Le tableau véhicule l’image d’une mère de famille respectable, fidèle aux idées de Rousseau.

Débriefing : véritable outil de communication, le tableau bat en brèche une par une critiques et rumeurs sur la reine. Plutôt malin… mais pas suffisant à en juger la suite des événements.

En savoir plus sur l’expo du Grand Palais !

The apprentice : on aime, on déteste !

Sep 10

Tout le monde parlait de la nouvelle émission de M6. D’autant plus fort que le boss, à la jolie réputation, est lyonnais. Faut-il faire de la téléréalité sur le chômage ? Les agitateurs de morale sociale se sont emparés du sujet sans avoir rien vu ! De bonne guerre dans une France commentatrice de tout. Et pourquoi pas ? Mais, en définitive, le sujet n’est pas là. Les concurrents affichent un tel goût pour la compétition que la question du moyen utilisé pour trouver un job est secondaire. Qu’ils soient débarqués ou retenus, le téléspectateur ne s’inquiète pas trop pour leur avenir professionnel.

Ce qui est horripilant, c’est ce niveau zéro des relations dans l’entreprise et, pire encore, les clichés sexistes qui sont légions. Des équipes « femmes » ou « hommes », ce qui ne contribue au partage des approches. Puis une flopée de commentaires et de glissements de langage sur les « filles qui gagnent des affaires en minijupe » ou sur « les garçons qui ne savent pas repasser ». À chaque phrase, on se pince de tant d’indigence. C’est comme si autour d’eux la société n’avait pas changé !

En revanche, les cas d’étude et la manière qu’ont les équipes de s’organiser pour gagner leur défi d’entrepreneur en disent plus que tous les discours éducatifs sur le management, le commercial ou le financier dans une entreprise. Tout décideur reconnaît les erreurs qu’il a commises ou vues commettre dans sa carrière. Le bénéfice pédagogique est réel… dès lors qu’on arrive à dépasser l’effet produit par tant de stéréotypes.

L’éloge du slow, format photo

Août 27

Qui ne l’a jamais fait ? L’autoportrait — selfie à bras levé ou en mode perche —, le cliché gastronomique (mais regardez ce que je vais manger !), la pose souvenir devant la tour Eiffel ou la muraille de Chine (j’y étais !)… Le smartphone a fait de la photo un réflexe irréfléchi et convulsif. On mitraille frénétiquement au lieu de profiter, on partage des clichés en quête de pouces levés sur les réseaux, on regarde le monde à travers un écran et on passe ses vacances le nez sur son téléphone. Et si on passait en mode « slow » ? Celui de la photo argentique ou du polaroïd. Ce temps où l’on prend le temps, justement. De choisir son sujet, de cadrer, de régler la mise au point, d’observer la lumière, de construire son image et d’en attendre le résultat… patiemment. Moins nombreuses, moins instantannées mais plus savoureuses, les photos racontent alors à nouveau une histoire.

Arles, à la rencontre des belles images

Juil 16

Ici, une chapelle oubliée ; là-bas, en bordure de ville, des forges réhabilitées ; au détour d’une ruelle, un vieux cinéma… aux Rencontres de la photographie d’Arles, ce sont les lieux d’exposition autant que les images qui font la magie du festival. Créé dans les années 70, le rendez-vous opère une mue cette année. Finies les affiches de Michel Bouvet déclinant chaque année un animal malicieux et ultra coloré. Le graphisme 2015 tend à l’épure, avec comme unique fantaisie une photo à l’envers, clin d’oeil à la camera oscura. Dans la ville, moins d’expositions — 35 contre deux fois plus habituellement — mais une approche thématique peaufinée et des commentaires plus précis qui nous emmènent hors champ et dans le cadre. 35 expositions… et autant de rencontres. Du rêve américain (Las Vegas Studio, archives de Robert Venturi & Denise Scott Brown) à ses travers consuméristes (Joel Sternfeld). Des paradis fiscaux qui n’ont souvent de paradis que le nom (Paolo Woods & Gabriele Galimberti) à la découverte des hommes de la Terre de Feu et de leurs esprits… si loin et si proches de nous. Des imposantes et mystérieuses façades d’églises de Markus Brunetti aux pochettes de disques vinyles vintage et tellement modernes dans leur composition.

Une trentaine d'expositions dans toute la ville
Une trentaine d’expositions dans toute la ville
Las Vegas Studio
Las Vegas dans les années 60, l’american dream, version pastel
Joel_Sternfeld_tennis
L’Amérique des années 80, selon Joel Sternfeld
paradis fiscaux
Paolo Woods et Gabriele Galimberti mettent un visage sur les paradis fiscaux
martin gunside
Le regard sensible d’un anthropologue sur les rites de la Patagonie – Martin Gunside

 

markus-brunetti
Majestueuses, les photos d’églises de Markus Brunetti ont des airs de peinture
Total records
L’exposition Total records rassemble 600 pochettes, de Sylvie Vartan aux Rolling Stones

 

30 juin, un clin d’œil pour une seconde

Juin 30

Pour s’adapter à la rotation de leur planète, les Terriens jouent avec leur calendrier. Il en va ainsi du 29 février qui n’existe qu’une fois tous les quatre ans. Et de cette seconde qui vient en plus tous les trois ans : aujourd’hui 30 juin 2015. Quelquefois, ce temps injecté à dose homéopathique est responsable de dérapages informatiques ! Aussi, il n’est pas rien. Pour autant que faire en cette seconde afin d’en marquer le passage et de s’en souvenir ? Une seconde passe tellement vite. Cligner de l’œil en toute conscience ! Chaque individu cligne 10 000 fois des yeux par jour sans s’en rendre compte. Or ce battement de paupières, s’il est salutaire aux lobes oculaires, il l’est aussi au cerveau, car il le repose. Alors en ce 30 juin, dans ce petit bout de temps en plus, au milieu d’une actualité tellement troublée qu’elle nous interroge en permanence sur l’état de notre raison, nous avons une seconde pour cligner des yeux, se déconnecter de tout… et garder précieusement en mémoire une seconde de sérénité volée au monde troublé des Hommes.

Illustration © Piero Fornasetti

Invites de Villeurbanne, tant qu’il y aura des artistes…

Juin 23

S’il fallait retenir seulement deux spectacles de la programmation 2015 des Invites de Villeurbanne, ce serait…

Animal sentimental de l’Illustre famille Burattini, cette fresque burlesque traverse le XXe siècle pour tutoyer nos temps modernes. On y croise des courageux, la verve dehors pour lutter contre les fascismes de toutes nationalités… Et des pleutres comme il en existe à toutes les époques déclinant des trésors d’inventivité pour ne jamais « se mouiller ». On rit avec Buratt. On pleure (vraiment) avec Rita qui, habillée d’une robe de crêpe noir et de dentelle, fait vibrer sa voix et nos larmes sur les secousses de l’histoire.

Ce serait aussi Doctor Dapertutto, du Teatro del Silencio (sur la photo). Au regard des costumes, au gré de cette marche derrière des acteurs grimés, mais aussi vrais que des zeks (nom donné aux prisonniers du goulag), nous voilà emportés dans la Russie d’hier, sur ces routes de la « dégradation » et des violences militaires. Dans ce travail de composition, les images sont aussi belles que saisissantes. Elles ressemblent à des fresques des Ambulants, ces peintres russes du XIXe siècle dont le réalisme mettait la Russie à nue et semblait annoncer à Révolution.

Milan, images du monde

Juin 12

Milan, 10 juin 2015, déambulation sur les boulevards de l’Exposition universelle. Le monde exhibe ses palais nationaux qui, à l’extérieur, à l’intérieur, par leur architecture offrent une photographie des sociétés humaines. Façades de bois, de verre, de métal. Lettres projetées dans un design épuré ou sophistiqué — elles se reflètent quelquefois dans des miroirs placés au-dessus, en dessous ou sur leurs côtés.

Milan exposition universelle 2015
Des totems jalonnent l’espace
Milan exposition universelle 2015
Des mots partout dans toutes les langues
Milan exposition universelle 2015
De drôles de bêtes
Milan exposition universelle 2015
Des visages, des silhouettes

 

Milan, la voix des femmes de Rhône-Alpes

Milan, 11 juin 2015, Rhône-Alpes en France. Vergers et potagers accueillent le visiteur qui entre sur le pavillon France. À l’intérieur, dans cette architecture de bois, des objets en suspension. À quelques mètres de là, dans l’amphithéâtre à ciel ouvert du pavillon chocolat, la délégation de la Région Rhône-Alpes porte le débat sur les femmes dans l’agriculture en écho au thème générique « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Quelques éléments s’imposent au fil des trois ateliers où les témoignages se confortent : les femmes restent sous-représentées dans les métiers  agricoles à responsabilité, elles sont davantage victimes d’inégalités, mais paradoxalement le modèle féminin s’annonce comme un espoir pour l’agriculture. Féministes, ces femmes engagées pour une autre société ? Égalitaristes répondent les militantes de l’association lyonnaise « XXIe sexe » qui, tout en tordant le cou aux clichés féminins dans la publicité alimentaire, défendent une société de l’égalité pour les femmes… et pour les hommes.

 

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Milan exposition universelle 2015
La Région Rhône-Alpes sous le pavillon chocolat

Journée internationale du droit des femmes

Mar 25

Pour la journée du 8 Mars, la ville de Lyon affiche une mosaïque de femmes avec une moustache, une barbe ou de gros sourcils, ajoutés sur leur visage au dessin. Qu’est-ce qu’on comprend ? Que pour avoir des droits, il faut avoir du poil partout ? Et si on changeait de registre ? La journée internationale du droit des femmes, ce n’est pas le droit à la moustache… Mais de vivre sans et de s’en porter bien !

Ô bonheur perdu de la lenteur

Mar 25

Tout est parti de l’AFP. Une dépêche qui file vers les rédactions en ce samedi 28 février. En quelques secondes, le mal est fait… car l’AFP, c’est comme la Bible. Si c’est écrit, c’est que c’est vrai. Martin Bouygues, patron du groupe éponyme, est mort. Sauf que — et tant mieux pour lui —, l’information est fausse. Moins d’une heure plus tard, c’est le démenti… Et la résurrection ! Ô bonheur perdu de la lenteur.

Je suis Charlie

Mar 25

On a d’abord envie de pleurer. C’est le réflexe devant un attentat contre la liberté, c’est le réflexe face à la mort. On se dit ensuite qu’il faut en rire, pour prolonger l’esprit de Charlie, pour dire à ses censeurs qu’ils sont des misérables. Tuer au nom de Dieu : quel est le sens, où est le message, quelles seront les cibles ? Aujourd’hui, la presse. Qui demain ? Celles et ceux qui vantent la vie, l’humour, les dessins satiriques, les images qui dérangent ! Nous, on aime tout cela à la fois, pour toujours, jusqu’à plus soif. On veut de la poésie et de l’insolence partout. De la liberté tout le temps et dans toutes ses expressions. Alors, tristes oui, mais… même pas peur ! Les tueurs, on les méprise. Mieux, on les “emmerde”. Parce qu’on aime aussi les gros mots.